Les jouets dangereux des années 70 qui seraient interdits aujourd’hui

You are currently viewing Les jouets dangereux des années 70 qui seraient interdits aujourd’hui
  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Curiosités

Une trottinette sans casque, un lance-missiles à ressort pointé vers le visage du petit frère, et personne dans la pièce pour surveiller. Les années 70, c’était ça. Parmi les souvenirs marquants, impossible d’oublier les jouets dangereux des années 70 qui ont marqué toute une génération. Une époque où la notion de sécurité enfantine tenait sur un post-it, et encore. Les parents de cette génération avaient survécu à la guerre, aux genoux écorchés sans antiseptique et aux voitures sans ceinture — alors un jouet avec quelques arêtes vives, franchement, ça ne traumatisait personne.

Aujourd’hui, une simple boule de Noël trop petite déclenche un rappel mondial. On met des mises en garde sur les cerises à noyaux. Le contraste est saisissant, presque comique. Et pourtant, les jouets dont on va parler ici ne sont pas des légendes urbaines. Ils ont existé. Ils se trouvaient sous les sapins de Noël, dans les catalogues de La Redoute, dans les mains d’enfants de six ans qui riaient aux éclats. Ce sont de vraies curiosités de collection aujourd’hui — et de vrais témoignages d’une époque qui faisait confiance aux enfants, peut-être un peu trop.


L’âge d’or du plomb, de l’amiante et des bords tranchants

Il faut replacer les choses dans leur contexte. Dans les années 70, la réglementation sur les jouets dangereux des années 70 était quasi-inexistante en France comme ailleurs. Le jouet était un objet industriel comme un autre, soumis aux mêmes logiques de production : vite fait, peu cher, vendable à Noël.

La peinture au plomb était omniprésente. Petites voitures, figurines, rails de train en métal peint — les enfants mâchaient, léchaient, mordaient. Personne ne sourcillait. Le plomb était partout dans la vie quotidienne, dans les canalisations, dans l’essence. Pourquoi pas dans le hochet du bébé ?

Ajoutez à cela des pièces en métal aux bords non ébavurés, des ressorts capables de pincer violemment, et des plastiques rigides qui se fracturaient en éclats acérés après quelques chutes. Le jouet des années 70 avait du caractère. Il pouvait blesser. C’est presque ce qu’on lui demandait : résister, durer, et laisser quelques cicatrices en souvenir.


Les jouets vedettes du danger — un palmarès qui fait froid dans le dos

Voici quelques stars de cette époque dorée du jouet imprudent.

L’Easy-Bake Oven (le four à ampoule), commercialisé depuis les années 60 mais massivement présent dans les foyers des seventies, chauffait à plus de 180°C avec une simple ampoule à incandescence. Des doigts de gamins s’y sont coincés par centaines. Il a été retiré progressivement du marché pour les plus jeunes dans les années 2000.

Les Lawn Darts, ou « Jarts » — des fléchettes géantes lestées en métal, conçues pour être lancées en l’air dans le jardin. En 1988, après la mort de plusieurs enfants, les États-Unis les ont interdites. Mais dans les années 70 ? Un classique des pique-niques familiaux.

Le Creepy Crawlers permettait aux enfants de couler eux-mêmes des figurines dans une plaque métallique chauffante à vue. Brûlures assurées. Et les mini-chimie vendues avec de véritables produits corrosifs — acides légers, bases, colorants industriels — faisaient partie du catalogue éducatif normal. On apprenait la chimie. On apprenait aussi à souffler sur ses doigts rougis.


Pourquoi ces objets sont-ils devenus des curiosités de collection ?

C’est là que le paradoxe devient savoureux. Ces jouets interdits ou progressivement retirés sont aujourd’hui des pièces recherchées par les collectionneurs. Leur dangerosité fait partie du mythe. Un Jart en boîte originale peut se monnayer plusieurs centaines d’euros sur les plateformes spécialisées. Un Easy-Bake Oven vintage en bon état fait l’objet de vraies guerres d’enchères.

Pourquoi cet engouement ? D’abord, la rareté. Ces jouets ont été massivement jetés, cassés, oubliés. Les exemplaires survivants ont quelque chose d’un rescapé. Ensuite, il y a la mémoire affective — cette façon qu’ont les objets de condenser une époque entière, une odeur de plastique chaud, une lumière de salon de 1975. Enfin, il y a cette fascination un peu coupable pour ce qui est interdit. Posséder un Jart original, c’est tenir entre les mains la preuve tangible qu’une autre époque a vraiment existé.

Les brocantes spécialisées, les vide-greniers et les sites de vente entre particuliers regorgent de ces curiosités vintage. Les connaisseurs savent regarder l’état de la boîte, les mentions légales d’époque (ou leur absence totale), les logos des fabricants disparus. Chaque détail raconte quelque chose.


Conclusion

Les jouets dangereux des années 70 ne sont pas simplement des anecdotes amusantes à sortir en société. Ils sont le miroir d’une époque qui avait une relation radicalement différente au risque, à l’enfance, à la responsabilité parentale. Une époque où tomber faisait partie de l’apprentissage, et où personne n’avait encore inventé le concept de « parent hélicoptère ».

Aujourd’hui, ces objets font partie du patrimoine populaire. Ce sont des curiosités de collection à part entière, chargées d’histoire, de nostalgie et d’un brin d’ironie. Les retrouver dans une boîte au fond d’un grenier, c’est rouvrir une capsule temporelle. Avec des gants, quand même. La peinture au plomb, ça tache.


FAQ – Questions fréquemment posées

Q : Les jouets des années 70 avec de la peinture au plomb sont-ils dangereux à collectionner ?
R : En tant qu’objet de collection manipulé avec précaution par un adulte, le risque est très faible. Il faut éviter de les mettre en contact avec des enfants ou de les mordiller (ce qui semble évident, mais précisons-le quand même). Un simple lavage des mains après manipulation est suffisant. La dangerosité était principalement liée à une exposition prolongée chez des enfants en bas âge.

Q : Où trouver ces jouets dangereux des années 70 pour les collectionner ?
R : Les vide-greniers restent la meilleure source, avec de vraies pépites à prix doux. Les plateformes de vente entre particuliers comme eBay ou Le Bon Coin proposent aussi de nombreuses pièces. Pour les objets en boîte d’origine, les ventes aux enchères spécialisées en jouets vintage sont incontournables. Le mot-clé à retenir : patience.

Laurent

Journaliste depuis plus de 30 ans, j'ai travaillé pour la presse magazine et d'information nationale et régionale. Par ailleurs je suis aussi passionné de vintage et auteur de plusieurs livres sur le sujet comme "Les années flipper" ou encore "Les années baby-foot", parus aux éditions Akapella. Le site Nos Années Vintage me permet d'élargir les thématiques autour du vintage.