Rappelez-vous de votre chambre en 1997. Des câbles partout. Des boîtiers en plastique aux formes improbables qui traînaient sur la moquette. À cette époque, Sony et les éditeurs tiers ne se contentaient pas de la manette classique. Parmi les objets incontournables de cette période, il y avait tous ces accessoires PlayStation 1. Ils voulaient prolonger l’immersion, quitte à créer des monstres de Frankenstein en plastique.
C’était l’âge d’or du périphérique dédié. On n’achetait pas juste un jeu, on achetait « l’expérience ». Plongée dans un cabinet de curiosités vidéoludiques.
- Le NeGcon : tordre pour gagner
- Le Jogcon : le volant de poche
- La Souris PlayStation : le PC s'invite au salon
- Le Dual Analog Joystick : le monstre à deux têtes
- La PocketStation : le rêve inachevé
- Le pistolet G-Con 45 : la précision de l'arcade
- Le Tapis de Danse, accessoire révolutionnaire de la PlayStation 1
- Le Gant "The Glove" : le futur raté
- Le contrôleur Densha de Go! : tout le monde descend
- FAQ : Les accessoires insolites de la PlayStation 1
Le NeGcon : tordre pour gagner
Commençons par une légende de l’étrange. Si vous aimiez Ridge Racer, vous avez forcément convoité cet objet : le NeGcon (prononcez « Neg-Con ») de Namco.
À première vue, cela ressemblait à une manette normale, un peu boursouflée. Mais elle avait une particularité unique. Elle se coupait en deux en son milieu. Les deux moitiés étaient reliées par un pivot central. Pour tourner dans le jeu, il ne fallait pas appuyer sur une croix directionnelle. Non, il fallait « tordre » la manette.
Vous tourniez la partie gauche vers le haut ou le bas par rapport à la partie droite. C’était un potentiomètre analogique avant l’heure. La précision était diabolique pour les virages en dérapage contrôlé. C’était déroutant les cinq premières minutes, mais une fois maîtrisé, c’était l’arme absolue sur l’asphalte virtuel. Un design fou, purement japonais, qui a marqué les esprits.
Le Jogcon : le volant de poche
Namco, encore eux, ne s’est pas arrêté là. Pour la sortie du sublime Ridge Racer Type 4 en 1998, ils ont sorti le Jogcon.
Imaginez une manette PS1 classique. Mais au centre, à la place des sticks analogiques (qui commençaient à se démocratiser), trônait une sorte de gros disque noir, un cadran rotatif. C’était un mini-volant.
Mais le plus fou pour cet accessoire de la PlayStation 1, c’était la technologie à l’intérieur. Ce petit disque possédait un retour de force actif ! Oui, le disque résistait sous votre pouce quand la voiture perdait de l’adhérence. C’était une prouesse technique incroyable pour un si petit objet alimenté par de simples piles ou le port manette selon les versions. L’ergonomie était discutable, le pouce glissait souvent, mais l’audace force le respect.
La Souris PlayStation : le PC s’invite au salon
Aujourd’hui, jouer à la souris sur console est courant. À l’époque, c’était une hérésie pour les puristes. Pourtant, Sony a officiellement commercialisé la PlayStation Mouse.
Pourquoi ? Pour accompagner la vague de jeux de stratégie et de « Point & Click » qui débarquaient du monde PC. Jouer à Command & Conquer, Warcraft II ou aux Chevaliers de Baphomet à la manette était une torture.
Cette souris, d’un gris assorti à la console, avait deux boutons. Elle était livrée avec un tapis de souris rigide portant le logo PlayStation. C’était l’accessoire indispensable pour se sentir comme un « hacker » sur son téléviseur cathodique. Elle restera l’un des symboles de la volonté de Sony de toucher un public plus mature, habitué aux ordinateurs.
Le Dual Analog Joystick : le monstre à deux têtes
Avant la manette DualShock que tout le monde connaît, Sony a sorti un monstre pour les amateurs de simulation de vol : le Dual Analog Joystick.
Attention, ne confondez pas avec la manette classique. Il s’agissait d’un immense plateau posé sur la table, surmonté de deux gigantesques manches à balai (joysticks) de pilote d’avion. C’était énorme, lourd mais aussi plutôt cher.
C’était conçu pour Ace Combat ou le jeu de mecha Armored Core. La sensation de pilotage était totale. On avait l’impression d’être dans un cockpit. L’objet est aujourd’hui très recherché par les collectionneurs car il a été peu produit. C’est l’ancêtre spirituel des sticks analogiques de nos manettes modernes, mais version XXL.
La PocketStation : le rêve inachevé
C’est le Saint Graal des accessoires pour nous, Européens, car nous ne l’avons jamais eu officiellement. La PocketStation est sortie au Japon en 1999.
C’était une carte mémoire, mais pas seulement. Elle avait un écran LCD et des boutons. On pouvait la débrancher de la console et l’emmener avec soi. C’était la réponse de Sony au phénomène Tamagotchi et à la VMU de la Dreamcast de Sega.
Le cas le plus célèbre est celui de Final Fantasy VIII. On pouvait y télécharger un mini-jeu, « Chocobo World », pour entraîner sa mascotte dans le bus, puis la réinjecter dans le jeu salon le soir pour gagner des bonus. Des milliers de joueurs français ont importé cet accessoire à prix d’or via les boutiques spécialisées de boulevard Voltaire à Paris.
Le pistolet G-Con 45 : la précision de l’arcade
Les pistolets optiques existaient depuis la NES (le fameux Zapper). Mais le G-Con 45 (ou GunCon) de Namco a changé la donne.
Vendu souvent en bundle avec Time Crisis, il se branchait non seulement sur le port manette, mais aussi via un câble RCA jaune supplémentaire sur la sortie vidéo pour une synchronisation parfaite.
C’était une technologie qui ne fonctionnait que sur les écrans à tube cathodique (CRT). La précision était millimétrique. On se cachait derrière son canapé pour recharger (le bouton était sur le côté du canon) et on se relevait pour tirer. C’était physique. C’était l’arcade à la maison. Aujourd’hui, sur nos écrans plats LCD ou OLED, ces accessoires ne fonctionnent plus, ce qui les rend d’autant plus « vintage » et mélancoliques.
Le Tapis de Danse, accessoire révolutionnaire de la PlayStation 1
Avant Just Dance, il y avait Dance Dance Revolution (DDR). Et pour y jouer, il fallait le Tapis de Danse.
C’était une grande feuille de plastique souple avec des capteurs, qu’on dépliait sur le sol. On le branchait, on montait le son, et on piétinait les flèches en rythme.
C’est l’accessoire qui a fait entrer le jeu vidéo dans les soirées non-geeks. On transpirait. On glissait (le tapis n’était pas très stable). Les voisins du dessous détestaient cet accessoire. Mais quel plaisir de voir ses amis se ridiculiser ou réussir des combos parfaits sur de la techno japonaise à 180 BPM !
Le Gant « The Glove » : le futur raté
On ne peut pas parler d’accessoires bizarres sans évoquer les échecs cuisants. Plusieurs fabricants tiers ont tenté de vendre le rêve de la réalité virtuelle avec des gants de contrôle.
Le plus connu, sobrement appelé The Glove, promettait de contrôler les jeux par le mouvement du bras et du poignet. En réalité ? C’était injouable.
Il fallait faire des gestes imprécis pour simuler une croix directionnelle. Au bout de dix minutes, on avait mal au bras. Le personnage à l’écran faisait n’importe quoi. C’est l’exemple type de l’accessoire « futuriste » qui finissait au fond du placard le lendemain de Noël. Mais en tant qu’objet de collection, avec son look cyber-punk des années 90, il est magnifique.
Le contrôleur Densha de Go! : tout le monde descend
Pour finir, une bizarrerie qui prouve que tout était possible. La série Densha de Go! (simulateur de conduite de train japonais) a eu droit à son contrôleur dédié.
Une grosse base en plastique avec un levier pour l’accélération, un levier pour le freinage, et un emplacement pour poser sa montre à gousset (virtuellement). C’était d’un réalisme austère.
Pourquoi acheter un contrôleur qui ne sert qu’à conduire des trains de banlieue tokyoïtes ? Parce que c’était la passion. Le niveau de dévouement des joueurs pour ce genre de niche a poussé les constructeurs à créer du matériel professionnel pour le grand public.
Conclusion : la liberté matérielle autour des accessoires de la PlayStation 1
En regardant cette liste, on réalise à quel point la PlayStation 1 était un terrain de jeu expérimental. Les standards n’étaient pas figés pour un certaine nombre de consoles de jeux vidéo.
Aujourd’hui, nous jouons tous avec la même manette ergonomique, sans fil, parfaite. C’est confortable, mais c’est un peu triste. Il manque ce grain de folie. Il manque ce moment où l’on déballe un accessoire en forme de canne à pêche (oui, le Fishing Controller a aussi existé !) pour un seul jeu.
Ces accessoires bizarres sont les témoins d’une industrie qui se cherchait, qui bouillonnait d’idées et qui n’avait pas peur du ridicule. Ils sont l’âme du « vintage gaming« . Si vous en trouvez un en vide-grenier, même sans la boîte, prenez-le. C’est un morceau d’audace des années 90.
FAQ : Les accessoires insolites de la PlayStation 1
Le pistolet G-Con 45 fonctionne-t-il sur ma télé moderne ?
Non, malheureusement. La technologie « Light Gun » utilisait le balayage du faisceau d’électrons des écrans à tube cathodique (les grosses télés anciennes). Ils ne fonctionnent absolument pas sur les écrans plats (LCD, LED, Plasma).
À quoi servait le port « Link » au dos des premières PlayStation ?
C’était le PlayStation Link Cable. Il permettait de relier deux consoles (et deux télés !) pour jouer en multijoueur chacun sur son écran. C’était génial pour Doom, Wipeout ou Red Alert, mais cela demandait une logistique lourde (déplacer les télés).
La PocketStation est-elle compatible avec les consoles européennes ?
Oui et non. La carte mémoire fonctionne techniquement sur une console PAL (européenne). Cependant, très peu de jeux européens (comme FF8 ou Saga Frontier 2) incluaient le logiciel nécessaire pour l’utiliser.
Le tapis de danse était-il solide ?
Les modèles officiels ou de grandes marques (Konami) étaient corrects. Mais les modèles tiers bon marché finissaient souvent avec des capteurs défectueux après quelques soirées intenses. C’était du consommable !
Quel est l’accessoire le plus rare de la PS1 ?
C’est difficile à dire, mais le Net Yaroze est un candidat sérieux. C’était une PlayStation noire spéciale vendue avec un kit de développement pour que les amateurs puissent programmer leurs propres jeux. Ce n’est pas un simple accessoire, mais tout un écosystème de création.
