Look de l’écolier vintage à travers les décennies

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Regardez bien cette vieille photo de classe. Le décor est immuable : la cour de l’école, un mur de briques, le tableau noir pour les plus anciens clichés. Mais ce qui nous raconte le plus de choses, ce sont les enfants. Leurs coupes de cheveux, leurs chaussures, leurs vêtements. Le look écolier vintage, bien plus qu’une simple question de mode, est un formidable témoin des évolutions de la société. De l’austère blouse grise qui gommait les différences à l’explosion des marques dans les années 80, la tenue de l’élève a reflété les valeurs, les contraintes et les aspirations de chaque époque. C’est une histoire de France qui se lit sur les cols Claudine, les culottes courtes et les baskets usées.

Le look de l’écolier vintage : de la blouse à la basket

Années 50-60 : l’uniforme qui ne disait pas son nom

La silhouette de l’écolier des Trente Glorieuses est dominée par une pièce maîtresse : la blouse. Ce n’était pas un choix, mais une obligation dans la quasi-totalité des écoles primaires publiques. Souvent en coton épais, de couleur sombre (noire, grise, puis bleu marine), elle incarnait les valeurs de l’école républicaine : elle protégeait les vêtements des taches d’encre de la plume Sergent-Major, et surtout, elle visait à effacer les inégalités sociales. Une fois la blouse enfilée, tous les enfants étaient sur un pied d’égalité.

Pour les garçons, c’était un « sarrau » droit et simple. En dessous, la tenue était quasi immuable : des « culottes courtes », même au cœur de l’hiver, et des chaussettes hautes qui tombaient constamment sur les chevilles. Le passage au pantalon long était un rite, souvent à l’âge de la communion solennelle, qui marquait l’entrée dans le monde des « grands ».

Pour les filles, la blouse était souvent plus travaillée, parfois cintrée, fermée par des boutons dans le dos, et ornée d’un petit col Claudine blanc qui dépassait. En dessous, elles portaient des robes sages ou des jupes plissées. Aux pieds, pas de fantaisie : de solides chaussures en cuir, des « grolles » qui devaient durer l’année, ou des sandales spartiates dès les premiers beaux jours. Quant aux cheveux, la discipline était de mise : une coupe au bol pour les garçons, des nattes bien serrées ou une queue-de-cheval pour les filles.

Années 70 : la révolution en douceur, du sous-pull au sabot

La société se libère, et le vestiaire de l’écolier suit le mouvement, timidement d’abord. La blouse reste de rigueur dans le primaire, mais elle se colore parfois de motifs à carreaux. Au collège, elle disparaît, laissant apparaître les personnalités.

Une pièce devient l’uniforme officieux de la décennie : le sous-pull. Ce col roulé fin, souvent en matière synthétique et côtelée, se glisse sous les chemises, les pulls ou les robes chasubles. Il est pratique, chaud, et terriblement moderne. Le velours côtelé devient le tissu roi, décliné sur les fameux pantalons à pattes d’éléphant que garçons et filles adoptent avec ferveur.

Mais la plus grande révolution se passe aux pieds. Des alternatives plus confortables et contestataires détrônent les lourdes chaussures en cuir. Les Pataugas, ces chaussures de marche en toile épaisse, quittent les sentiers de randonnée pour envahir les cours de récréation. Et que dire des sabots en bois ? Leur « cloc-cloc » sonore sur le bitume est la bande-son de la décennie. Ils étaient bruyants, peu pratiques, mais incroyablement tendance. Les cheveux, eux aussi, s’émancipent : ils s’allongent pour les garçons, qui rêvent de ressembler aux Beatles, tandis que les filles les portent longs et raides, séparés par une simple raie au milieu.

Années 80 : le triomphe des marques et du look « made in USA »

Avec les années 80, on entre dans une nouvelle ère : celle de la société de consommation triomphante. On relègue définitivement la blouse au rang de souvenir. Ce qui compte désormais, ce n’est plus le vêtement, mais la marque qui est écrite dessus. Le look de l’écolier devient un marqueur social puissant.

Le jean est le roi absolu. Délavé, « stonewashed« , voire troué, il est sur toutes les jambes. Les marques comme Chipie, C17 ou Liberto sont des incontournables. Le sportswear américain déferle. Le survêtement en toile « parachute » n’est plus seulement de mise au cours de gym. On le porte toute la journée et même dans les soirées !

L’objet de convoitise suprême, ce sont les baskets. Avoir la bonne paire est essentiel pour être populaire. Les Adidas Stan Smith blanches et vertes, les Le Coq Sportif en cuir ou les Spring Court en toile sont aux pieds de tous. En hiver, la doudoune, cette veste matelassée et colorée, devient l’unique manteau acceptable. Côté coiffure, tout est permis : la fameuse « nuque longue » (ou mulet) pour les garçons, les cheveux permanentés et crêpés pour les filles, le tout maintenu par une bonne dose de gel ou de laque.

De la blouse égalitaire à la basket siglée, la tenue de l’écolier raconte une histoire fascinante. Celle du passage d’un monde où l’on devait se conformer au groupe à une société où il faut affirmer son individualité… en ayant les mêmes marques que les autres.

Foire aux questions (FAQ) sur le look écolier vintage

La blouse était-elle vraiment obligatoire partout en France ?

Bien qu’il n’y ait jamais eu de loi nationale l’imposant, le port de la blouse était inscrit dans le règlement intérieur de la quasi-totalité des écoles primaires publiques jusque dans les années 70. On la considérait comme un emblème de l’école laïque et égalitaire. Les directeurs et les « maîtres » étaient très attachés à ce principe.

Jusqu’à quel âge les garçons portaient-ils des « culottes courtes » ?

La tradition voulait que les garçons portent des culottes courtes jusqu’à leur « communion solennelle », vers 11 ou 12 ans. Cet événement religieux était souvent un rite de passage social qui leur donnait le « droit » de porter des pantalons longs. Cette coutume s’est progressivement perdue au cours des années 70. Jusque là, on avait un vrai look d’écolier vintage !

Quelles étaient les marques de chaussures d’école les plus connues ?

Dans les années 50 et 60, la marque importait peu, c’était la solidité qui primait. Dans les années 70, la marque française de chaussures en toile Pataugas est devenue une véritable icône. Les années 80 sont marquées par l’hégémonie des marques de sport comme Adidas, Le Coq Sportif, et la très française marque de tennis en toile Spring Court.

Les parents fabriquaient-ils eux-mêmes les vêtements des écoliers ?

Oui, c’était une pratique très courante. Dans les années 50 et 60, où le prêt-à-porter était moins présent et plus cher. Par conséquent, beaucoup de mères et de grands-mères cousaient les blouses, les robes et les jupes, et tricotaient les pulls et les gilets pour la rentrée. C’était à la fois économique et une marque d’affection.