Plongez avec nous dans une année de paradoxes. 1978 se situe à un carrefour fascinant, un moment où la France, encore imprégnée de l’insouciance des Trente Glorieuses, commence à ressentir les secousses d’un monde en pleine mutation. Le disco fait tourner les têtes, les pantalons à pattes d’éléphant balaient les trottoirs et la couleur orange s’invite dans tous les foyers. Pourtant, derrière cette apparente légèreté, la crise économique gronde, la société se transforme et de nouvelles technologies pointent le bout de leur nez. Bienvenue en 1978, une année vibrante, kitch et inoubliable.
La France au quotidien : entre crise et consommation
En 1978, le président Valéry Giscard d’Estaing achève la quatrième année de son septennat. Le pays vit au rythme d’une modernité assumée, mais les « chocs pétroliers » des années précédentes ont laissé des traces. Le chômage devient une préoccupation majeure pour de nombreux Français, un sujet nouveau et anxiogène qui s’installe durablement dans les conversations. Les entreprises doivent s’adapter, et le monde du travail connaît ses premières grandes restructurations, notamment dans la sidérurgie.
Pourtant, la société de consommation bat son plein. Les supermarchés, comme Carrefour ou Euromarché, sont devenus les temples du week-end. On y remplit son Caddie de produits qui sont aujourd’hui des classiques : le Tang, cette poudre orange au goût chimique de fruit, le fameux pot de Nescafé, ou encore les yaourts La Laitière dans leurs pots en verre. Dans la cuisine, le modernisme s’exprime à travers l’électroménager. Le robot Moulinex trône en bonne place, tout comme l’autocuiseur SEB. Les intérieurs s’habillent de couleurs vives : le orange, le marron et le vert avocat forment une trilogie chromatique incontournable. Le papier peint à motifs psychédéliques recouvre les murs, et le mobilier en plastique, comme le célèbre tabouret Tam Tam, est au sommet de sa popularité.
La vie de famille est encore très traditionnelle, mais les aspirations changent. Les femmes, fortes de la loi Veil sur l’IVG adoptée quelques années plus tôt, continuent leur lutte pour l’égalité. Elles sont de plus en plus nombreuses à travailler, même si les postes à responsabilité leur sont encore difficilement accessibles.
Vie quotidienne Et coût De La vie
En 1978, on vit encore dans une France où la proximité compte : boulangerie, épicerie, bureau de tabac sont des lieux de sociabilité. Les hypermarchés existent, mais la grande distribution ne domine pas encore totalement. Les cartes bancaires sont rarissimes : on paie en liquide ou par chèque.
Salaire moyen et prix courants
- Salaire moyen : environ 3 500 francs par mois (soit environ 530 € actuels, mais le pouvoir d’achat était différent).
- Pain : 1,30 F la baguette.
- Essence : 2,20 F le litre de super.
- Journal quotidien : 1,20 F.
- Cinéma : 12 F la place.
- Voiture neuve : une Renault 5 coûtait autour de 25 000 F.
- Téléviseur couleur : environ 3 000 F pour un bon modèle.
La bande-son d’une année 1978 disco et rebelle
Impossible de parler de 1978 sans évoquer la musique. C’est l’apogée absolue du disco. Le film Saturday Night Fever (La Fièvre du Samedi Soir), sorti en France en mars, déferle comme un raz-de-marée. John Travolta devient une icône planétaire et la bande originale, portée par les Bee Gees avec des titres comme « Stayin’ Alive » ou « Night Fever », est sur toutes les platines. En France, le genre a ses rois et reines. Claude François fait danser le pays avec « Alexandrie Alexandra », son titre posthume sorti quelques jours après sa mort tragique en mars 1978. Patrick Juvet triomphe avec « Où sont les femmes ? », tandis que le groupe Boney M. enchaîne les tubes planétaires comme « Rasputin » et « Rivers of Babylon ».
Mais 1978 n’est pas que disco. Une autre vague, plus rageuse, gronde dans les caves. Le mouvement punk, né en Angleterre, continue de faire des émules. En France, des groupes comme Starshooter ou Téléphone, qui sort son premier album éponyme, insufflent une énergie rock nouvelle. À l’international, des formations comme The Police commencent à se faire un nom. C’est aussi une année faste pour la chanson française. Michel Berger et France Gall chantent « Si, maman si », Daniel Balavoine s’impose avec « Le Chanteur », et un certain Jean-Jacques Goldman fait ses débuts avec le groupe Taï Phong.
Sur les écrans, des rires, des larmes et des robots géants
Au cinéma, 1978 est un grand cru. La comédie française triomphe avec deux films qui deviendront cultes. La Cage aux folles, avec le duo inoubliable Michel Serrault et Ugo Tognazzi, fait un carton et s’exporte même avec succès à l’international. L’autre phénomène, c’est bien sûr Les Bronzés. La troupe du Splendid dynamite les codes de la comédie de vacances et impose des répliques que des générations entières se répéteront. Côté américain, la comédie musicale Grease avec John Travolta et Olivia Newton-John fait chanter et danser la jeunesse du monde entier.
La télévision, elle, est le cœur battant du foyer. Réunis sur le canapé en velours côtelé, les Français regardent les émissions de variétés des Carpentier, les jeux comme Des chiffres et des lettres ou L’Académie des neuf. Mais l’événement télévisuel de l’année, c’est une révolution venue du Japon. Le 3 juillet 1978, sur Antenne 2 dans l’émission Récré A2, un robot géant fait une entrée fracassante : Goldorak. Le succès est instantané et phénoménal. Il ouvre la voie à toute une génération de dessins animés japonais qui marqueront l’enfance de millions de Français. Les plus petits, eux, ne jurent que par Casimir et son univers coloré dans L’Île aux enfants.
Sur la route et dans les chambres d’enfants
En 1978, la voiture est plus que jamais un symbole de liberté. Les routes nationales sont encore le théâtre des grands départs en vacances. Les modèles français ont la cote. La Renault 5 est la star des villes, la Peugeot 104 séduit par sa polyvalence, tandis que la Citroën CX représente le haut de gamme et le confort à la française. On rêve aussi devant des sportives comme la Porsche 911 ou l’Alpine A310. C’est aussi l’année de lancement d’une voiture qui deviendra mythique : la Peugeot 305, destinée à remplacer la 304.
Dans les chambres d’enfants, les jouets reflètent l’imaginaire de l’époque. Les figurines Playmobil, avec leurs coiffures si caractéristiques, permettent de créer des mondes infinis. Les petites voitures Majorette et Norev sont collectionnées avec ferveur. C’est aussi le début des jeux électroniques. Le Simon, ce jeu de mémoire à quatre couleurs, devient un must-have. Les premiers jeux vidéo, rudimentaires, commencent à apparaître sur les téléviseurs, préfigurant une révolution ludique à venir.

Un livre indispensable sur le flipper
Le flipper mérite en effet qu’on lui consacre un ouvrage qui soit à la fois documenté et facile à lire. D’autant que les livres en français sur le sujet se font rares aujourd’hui. L’objectif étant également de présenter, dans ce même livre, une iconographie importante sur le sujet. Ainsi, au fil des pages illustrées de nombreuses photos, le lecteur aura loisir de se laisser porter par un récit divisé en plusieurs chapitres. Chacun d’entre-eux étant précédé d’une chronologie en quelques dates. Conçu également comme un magazine que l’on peut feuilleter, ce livre de 128 pages en couleurs propose des encadrés explicatifs, également illustrés.
Foire aux questions (FAQ) autour de l’année 1978
Q : Quel a été l’événement sportif majeur en France en 1978 ?
R : L’événement sportif qui a marqué les esprits en 1978 est sans aucun doute la victoire de Bernard Hinault dans son premier Tour de France. C’était le début d’un règne sans partage pour celui que l’on surnommera bientôt « Le Blaireau ». La Coupe du Monde de football a également eu lieu en Argentine, remportée par le pays hôte dans une ambiance politique tendue. L’équipe de France, menée par Michel Platini, y a montré un visage prometteur malgré une élimination au premier tour.
Q : Comment s’habillait-on en 1978 ?
R : La mode de 1978 est très expressive. Pour les hommes comme pour les femmes, le pantalon à pattes d’éléphant, ou « pattes d’eph », est roi. Il se porte avec des chemises à grands cols pointus (les « cols pelle à tarte »), souvent très colorées et à motifs. Les matières synthétiques comme le polyester sont omniprésentes. Les femmes portent également des jupes-culottes, des blouses fluides et des chaussures à semelles compensées. Les cheveux sont longs, souvent avec une frange épaisse ou un brushing volumineux, à la Farrah Fawcett.
Q : Quel événement tragique a marqué l’actualité en France au cours de l’année 1978 ?
R : L’année 1978 a été marquée par la terrible marée noire de l’Amoco Cadiz. Le 16 mars, ce pétrolier s’est échoué au large des côtes bretonnes, provoquant une catastrophe écologique sans précédent. Des centaines de kilomètres de côtes ont été souillées, entraînant une prise de conscience brutale des risques environnementaux liés au transport maritime.
Encore à savoir sur l’année 1978 en France
Q : Y a-t-il eu des avancées technologiques marquantes cette année-là ?
R : Oui, bien que moins visibles du grand public. 1978 est par exemple l’année de la création par l’entreprise américaine VisiCorp du premier logiciel tableur pour ordinateur personnel, VisiCalc. Ce programme a joué un rôle crucial dans la popularisation de l’informatique personnelle, notamment de l’Apple II. En France, le projet Minitel continue son développement et sera expérimenté deux ans plus tard avant son lancement national.
Q : Quelle voiture emblématique est souvent associée à 1978 ?
R : Outre les modèles français très populaires, une voiture sportive a marqué les esprits en 1978 : la Saab 900 Turbo. Elle a popularisé l’usage du turbocompresseur sur les voitures de grande série, offrant des performances de voiture de sport dans une berline familiale. C’était un mélange de sécurité, d’originalité et de puissance qui a fortement marqué son époque.
