Ulysse 31 : un voyage épique

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Au panthéon des dessins animés qui ont façonné l’imaginaire des enfants des années 80, une œuvre se distingue par son ambition, son esthétique unique et son souffle épique : Ulysse 31. Bien plus qu’une simple série animée, elle fut une véritable révolution, un pont audacieux jeté entre la mythologie grecque antique et les confins de l’espace. Diffusée pour la première fois en France en octobre 1981 sur FR3, cette coproduction franco-japonaise a laissé une empreinte indélébile, devenant un objet de culte pour toute une génération. Rembarquez à bord de l’Odysseus pour un voyage à travers les souvenirs, les secrets de fabrication et l’héritage de ce chef-d’œuvre intemporel.

La genèse d’une collaboration visionnaire

L’histoire d’Ulysse 31 commence à la fin des années 70, dans l’esprit fertile de Jean Chalopin et Nina Wolmark de la société DIC (Diffusion, Information et Communication). Leur idée est aussi simple que géniale : transposer l’Odyssée d’Homère dans un cadre futuriste, au 31ème siècle. Ils voulaient créer une série qui allierait l’aventure spatiale, alors très populaire grâce à Star Wars, à la richesse narrative des mythes fondateurs de notre culture.

Pour donner vie à cette vision ambitieuse, la DIC s’associe au studio japonais Tokyo Movie Shinsha (TMS), déjà reconnu pour son savoir-faire. Cette collaboration n’était pas courante à l’époque et elle fut cruciale. La France apportait le concept, les scénarios et une partie de la direction artistique, tandis que le Japon se chargeait de la magnifique animation qui a fait la renommée de la série. Bernard Deyriès, le réalisateur français, a ainsi travaillé main dans la main avec des talents nippons pour créer une œuvre à la croisée des cultures. Le résultat est une esthétique hybride, un space opera aux accents européens, qui se démarque nettement des productions américaines ou purement japonaises de l’époque.

Quand l’Olympe rencontre le cosmos

Le coup de génie d’Ulysse 31 réside dans sa capacité à mêler, avec une cohérence surprenante, deux univers a priori opposés. L’intrigue débute alors qu’Ulysse, commandant du majestueux vaisseau l’Odysseus, détruit le Cyclope pour sauver son fils Télémaque et la jeune Thémis. Cet acte de bravoure provoque la colère des dieux de l’Olympe. En châtiment, Zeus plonge l’équipage de l’Odysseus dans un sommeil catatonique. Et il efface le chemin de la Terre de la mémoire de l’ordinateur de bord, le puissant Shyrka.

Commence alors une longue errance à travers l’Olympe, une galaxie inconnue et hostile. Ulysse, accompagné de Télémaque, Thémis et du petit robot rouge Nono, doit affronter une série d’épreuves directement inspirées des mythes grecs. Chaque épisode est une relecture science-fictionnelle d’une légende. Le royaume d’Hadès devient une planète glacée, les sirènes des créatures spatiales envoûtantes, et Circé une magicienne aux pouvoirs technologiques. Cette réinterprétation constante nourrit une atmosphère unique, à la fois familière et dépaysante, où le trident des dieux est une arme laser et le Styx une rivière cosmique.

Une direction artistique inoubliable

Visuellement, Ulysse 31 est une pure merveille. Le design des personnages est l’œuvre du duo légendaire Shingo Araki et Michi Himeno. On leur devra plus tard l’esthétique des Chevaliers du Zodiaque. Ils ont su donner à Ulysse une stature héroïque et noble, avec sa barbe, son regard déterminé. Mais aussi son pistolet-laser faisant aussi office d’épée. L’Odysseus lui-même, conçu par le dessinateur français Manchu, est une icône de design. Notamment avec sa forme d’œil protecteur et son immense iris qui sert de porte principale.

La série se distingue par une ambiance souvent sombre, voire angoissante. Les décors sont grandioses et écrasants, les planètes visitées sont étranges et les créatures divines, implacables. Les jeux d’ombres et de lumières, les couleurs parfois psychédéliques et les designs mécaniques complexes contribuent à créer une tension permanente. Ulysse 31 n’était pas une série qui prenait les enfants pour des êtres naïfs. Au contraire, elle leur proposait une aventure mature. Une aventure empreinte de solitude, de sacrifice et de la lutte perpétuelle d’un homme contre un destin injuste.

« Ulysse revient… » : une bande-son qui résonne encore

Comment évoquer Ulysse 31 sans fredonner son générique ? La bande-son, composée en grande partie par Denny Crockett et Ike Egan, avec des thèmes additionnels de Shuki Levy et Haim Saban, est un pilier de l’identité de la série. Le générique français, interprété par Lionel Leroy, est un hymne puissant et mélancolique qui capture parfaitement l’essence de l’épopée. « Ulysse, Ulysse, par-delà les grands nuages… » : ces paroles résonnent encore dans la mémoire collective.

Les musiques d’ambiance ne sont pas en reste. Mêlant des sonorités électroniques typiques des années 80, des orchestrations symphoniques et des chœurs grandioses, elles soulignent chaque moment de bravoure, de mystère ou de désespoir. La musique d’Ulysse 31 est un personnage à part entière, transformant chaque épisode en une expérience immersive et inoubliable.

La collection Ulysse 31 : des trésors pour les nostalgiques

Le succès de la série a bien évidemment donné naissance à une gamme de produits dérivés. Aujourd’hui encore ils font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs. À l’époque, posséder un de ces objets était le rêve de nombreux enfants.

  • Les figurines d’action : Les plus recherchées sont sans doute les figurines produites par la marque japonaise Popy (qui sera plus tard intégrée à Bandai). Ces figurines articulées d’Ulysse, Télémaque ou des soldats « requins » étaient souvent accompagnées de leurs véhicules et accessoires. Leur design un peu brut et leur fabrication en métal et plastique sont typiques des jouets de cette période. Trouver aujourd’hui une figurine en boîte, complète avec son pistolet et son bouclier, relève de la quête de collectionneur.
  • Les véhicules et vaisseaux : L’Odysseus a bien sûr eu droit à sa réplique en jouet, tout comme les navettes plus petites. Ces pièces, souvent dotées de petits mécanismes ou de projectiles, sont devenues des pièces maîtresses dans une collection vintage.
  • Livres, disques et bandes dessinées : L’univers a été décliné sur de nombreux supports. Les disques 45 tours du générique se sont vendus par milliers. Des livres illustrés racontant les épisodes, des bandes dessinées et même des mini-livres offerts dans les boîtes de cacao Tonimalt ont permis de prolonger l’aventure bien après la fin de la diffusion.
  • Autres objets : On trouvait également des puzzles, des tentes de jeu, des cartables et une multitude d’autres objets à l’effigie des héros. Aujourd’hui, ces objets du quotidien sont des madeleines de Proust qui témoignent de l’immense popularité de la série.

Collectionner Ulysse 31 aujourd’hui, c’est bien plus qu’accumuler des objets. C’est préserver un fragment d’une époque, un morceau de cette magie qui opérait chaque semaine devant le petit écran.

FAQ : autour d’Ulysse 31, sa collection, ses figurines

Q : Combien d’épisodes compte la série Ulysse 31 ?

R : La série est composée d’une seule saison de 26 épisodes de 26 minutes chacun. Cette structure concise a permis de maintenir une grande qualité narrative et visuelle du début à la fin. En effet, chaque épisode constituait une étape clé de l’odyssée d’Ulysse.

Q : Pourquoi la série a-t-elle eu un tel impact en France ?

R : Plusieurs facteurs expliquent son succès. D’abord, son originalité : le mélange de mythologie et de SF était inédit. Ensuite, sa maturité : la série abordait des thèmes profonds comme la solitude, la tyrannie et le courage. Enfin, sa qualité de production, notamment son animation et sa musique, était bien supérieure à la moyenne des dessins animés de l’époque.

Encore à savoir sur la nostalgie Ulysse 31

Q : Existe-t-il un épisode pilote différent de celui qui a été diffusé ?

R : Oui, absolument ! Il existe un épisode pilote, réalisé par René Borg avant qu’il ne quitte le projet. Dans cette version, le design des personnages et surtout celui de l’Odysseus (qui était un immense anneau) sont radicalement différents. Longtemps considéré comme perdu, ce pilote a refait surface des années plus tard, pour le plus grand bonheur des fans.

Q : Le personnage de Nono le petit robot était-il important ?

R : Nono jouait un rôle essentiel de « comic relief ». Dans une série souvent grave et tendue, ses gags, sa gourmandise (il adore les clous et les écrous) et sa loyauté indéfectible envers Télémaque apportaient des touches de légèreté et d’humour bienvenues. Il est rapidement devenu la mascotte de la série.

Q : Où puis-je trouver des objets de collection Ulysse 31 aujourd’hui ?

R : La quête peut être aussi ardue que celle d’Ulysse ! Les meilleures sources sont les sites de vente en ligne spécialisés dans le vintage, les brocantes, les vide-greniers et les conventions de collectionneurs. Il faut être patient et attentif, car les pièces en bon état sont rares et souvent très prisées.