Le cheval a toujours occupé une place de choix dans l’imaginaire des enfants. Compagnon du chevalier, monture du cowboy ou fidèle ami de l’Indien, sa représentation en miniature a nourri des heures de jeu et de rêves. Aujourd’hui, ces modestes jouets d’hier sont devenus de véritables objets de collection, des témoins d’une histoire industrielle et artisanale fascinante. Plongeons ensemble dans l’univers captivant de la collection de figurines de chevaux, des premières créations en plomb aux productions en plastique qui ont envahi les coffres à jouets.
Aux origines de la figurine : le cheval de plomb
L’histoire de la figurine de cheval est indissociable de celle du soldat de plomb. Dès le XVIIIe siècle en Allemagne, des artisans comme les Hilpert de Nuremberg commencent à produire des figurines plates en étain, les « Zinnsoldaten« . Le cheval y est déjà omniprésent, qu’il s’agisse de cavalerie lourde ou d’officiers montant fièrement leur destrier. Ces premières pièces, souvent considérées comme des jouets pour les enfants de l’aristocratie, posent les bases d’un loisir qui traversera les siècles.
En France, il faut attendre le XIXe siècle pour que la production prenne son essor. Des maisons comme CBG Mignot, fondée en 1825, vont élever la figurine au rang d’art. Les chevaux produits par ces fondeurs parisiens sont d’une finesse remarquable. Chaque race, chaque harnachement est étudié pour correspondre aux uniformes et aux unités représentées. Le cheval n’est plus un simple support pour le cavalier ; il devient un personnage à part entière, avec ses propres détails et son allure spécifique. Collectionner ces pièces aujourd’hui, c’est posséder un fragment de l’histoire militaire française, figé dans le métal. L’attention portée aux détails, comme la crinière flottante ou la musculature saillante, témoigne d’un savoir-faire exceptionnel.
L’entre-deux-guerres et l’innovation : Elastolin et la « composition »
Le début du XXe siècle voit l’émergence de nouveaux matériaux. En Allemagne, la société O&M Hausser, sous la marque Elastolin, révolutionne le marché. Face au coût et à la fragilité du plomb, Hausser développe une matière appelée « composition ». Il s’agit d’un mélange de sciure, de kaolin et de colle, moulé sur une armature en fil de fer. Ce procédé permet de créer des figurines plus grandes, plus légères et surtout plus dynamiques.
Les chevaux Elastolin sont spectaculaires. Les sculpteurs parviennent à capturer le mouvement comme jamais auparavant : chevaux au galop, cabrés, ou s’effondrant au combat. Cette expressivité nouvelle séduit immédiatement les enfants. Les figurines Elastolin, souvent vendues en coffrets sur le thème du Far West ou des châteaux forts, connaissent un immense succès en Europe, y compris en France. Pour le collectionneur actuel, une figurine Elastolin se reconnaît à sa légèreté et à sa texture si particulière. Attention cependant, la composition est sensible à l’humidité et peut se fissurer avec le temps, ce qui rend les pièces en parfait état d’autant plus précieuses.
Britains : le concurrent britannique et ses chevaux de ferme
De l’autre côté de la Manche, la société britannique Britains Ltd, initialement spécialisée dans les soldats de plomb, opère un virage stratégique dans les années 1920. William Britain Junior a l’idée de génie de créer une gamme de figurines de ferme. Le succès est immédiat et colossal. Les chevaux de trait, les poneys et les chevaux de selle Britains envahissent les fermes miniatures de millions d’enfants.
Ce qui distingue Britains, c’est l’introduction précoce du plomb creux (« hollow casting »), une technique qui rend les figurines plus légères et moins chères à produire. Leurs chevaux sont robustes, peints avec des couleurs vives et réalistes pour l’époque. Ils ne cherchent pas le dynamisme d’un Elastolin, mais plutôt la représentation fidèle et solide du monde agricole. Trouver aujourd’hui un cheval de trait Britains des années 50 avec son harnachement d’origine est une vraie joie pour tout amateur de vintage. La marque passera ensuite au plastique dans les années 60, continuant à produire des modèles de grande qualité.
L’âge d’or français : Starlux, le roi du plastique
Après la Seconde Guerre mondiale, un nouveau matériau s’impose : le plastique. En France, une marque va dominer ce marché et marquer durablement les esprits : Starlux. Fondée en 1945 par Pierre et Raymond Picard, l’entreprise se spécialise dans les figurines en plastique injecté, plus sûres et moins coûteuses que le plomb ou la composition.
Starlux produit une gamme impressionnante de chevaux. On y trouve absolument de tout : des montures pour les chevaliers, les Romains et les Gaulois, des chevaux pour les cowboys et les Indiens, des animaux de cirque et même des chevaux de course avec leur jockey. La grande force de Starlux réside dans la finesse de sa sculpture et la qualité de la peinture, réalisée à la main par des ouvrières à domicile. Un cheval Starlux est reconnaissable entre mille. Les postures sont variées, les couleurs des robes sont multiples (alezan, bai, palomino, pie…) et le plastique utilisé, souvent de l’acétate de cellulose au début, a une brillance particulière.
Collectionner les chevaux Starlux est un univers en soi. Les passionnés recherchent les variantes de couleur, les premiers modèles plus rares ou les pièces issues de coffrets spécifiques. La marque a tellement produit qu’il est encore possible de commencer une belle collection sans se ruiner, en chinant dans les brocantes ou sur les sites spécialisés.
Comment commencer et enrichir sa collection ?
Se lancer dans la collection de figurines de chevaux est une aventure accessible. Voici quelques conseils pour bien débuter :
- Choisissez un thème : Pour ne pas vous disperser, concentrez-vous sur une marque (Starlux, Britains…), une période (l’âge d’or du Far West), ou un type de cheval (chevaux de trait, montures de chevaliers…).
- Documentez-vous : Procurez-vous des catalogues d’époque (souvent réédités ou disponibles en ligne) et des livres spécialisés. Ils sont essentiels pour identifier les modèles, les dater et connaître leurs variantes.
- Apprenez à reconnaître les matériaux : Faites la différence entre le plomb (lourd et dense), la composition (légère, sonne creux) et les différents types de plastique.
- Examinez l’état : Une figurine en parfait état, avec sa peinture d’origine et sans casse, aura toujours plus de valeur. Pour les pièces en composition, attention aux fissures. Pour le plastique, méfiez-vous des déformations dues à la chaleur.
- Chinez intelligemment : Les vide-greniers et les brocantes sont des terrains de chasse privilégiés. On y trouve souvent des boîtes de jouets d’enfance qui recèlent des trésors oubliés. Les sites de vente en ligne sont une autre option, mais soyez vigilant sur l’état réel de la figurine.
La collection de figurines de chevaux est un hobby qui connecte directement à l’enfance et à l’histoire. Chaque pièce raconte une histoire : celle de l’artisan qui l’a sculptée, de l’ouvrière qui l’a peinte, et de l’enfant qui, un jour, a galopé avec elle sur le tapis du salon.
FAQ : Vos questions sur la collection de figurines de cheval
Q : Comment puis-je nettoyer mes vieilles figurines de chevaux sans les abîmer ? R : Cela dépend du matériau. Pour le plomb ou le plastique dur, un simple chiffon doux légèrement humide avec un peu d’eau savonneuse suffit, suivi d’un séchage immédiat et minutieux. N’utilisez jamais de produits agressifs. Pour la composition (type Elastolin), évitez l’eau à tout prix ! Un brossage très doux avec un pinceau souple et sec est la seule option pour enlever la poussière.
Q : Où trouver des informations pour identifier une figurine sans marque apparente ? R : C’est le défi du collectionneur ! Les forums spécialisés en ligne sont une ressource incroyable. En postant des photos claires de votre figurine, des passionnés expérimentés pourront souvent vous aider à l’identifier. Les catalogues anciens et les livres de référence sont également vos meilleurs alliés. La posture du cheval, le style de la sculpture et les restes de peinture sont des indices précieux.
Encore à savoir sur la collection de figurines de cheval
Q : Quelle est la différence de valeur entre une figurine en boîte et une figurine seule ? R : La différence peut être énorme. Pour de nombreuses marques, une figurine dans sa boîte d’origine, surtout si elle est en bon état, peut voir sa valeur multipliée par cinq ou dix par rapport à la même figurine vendue seule. La boîte est un témoin de l’époque et est souvent plus rare que la figurine elle-même.
Q : Les figurines de chevaux plus récentes, comme Schleich, ont-elles un intérêt pour un collectionneur « vintage » ? R : Absolument ! Bien que la marque Schleich soit plus récente (les premières figurines datent des années 80), certains modèles plus anciens qui ne sont plus produits sont déjà très recherchés. C’est ce qu’on appelle le « vintage de demain ». Commencer à collectionner les premiers modèles de ces marques de qualité peut être un excellent investissement pour l’avenir.
Q : Est-il préférable de restaurer une figurine abîmée ou de la laisser « dans son jus » ? R : C’est un grand débat parmi les collectionneurs. En règle générale, il est préférable de laisser une figurine dans son état d’origine, même avec des éclats de peinture. Une restauration, si elle n’est pas réalisée par un professionnel avec les techniques et peintures d’époque, peut considérablement diminuer la valeur de la pièce. L’usure fait partie de l’histoire de l’objet.
