Chaque mois de juillet, la France vibre au rythme de la Grande Boucle. Le Tour de France n’est pas seulement le plus grand événement cycliste au monde ; c’est un phénomène social, une fête populaire qui s’inscrit dans la mémoire collective depuis plus d’un siècle. Pour des millions de personnes, le Tour est une collection de souvenirs : des après-midis passés au bord de la route, l’excitation du peloton, et bien sûr, le passage de la mythique caravane publicitaire. Cette passion déborde largement des trois semaines de course. Elle se prolonge tout au long de l’année à travers la collection d’objets vintage qui racontent, chacun à leur manière, l’histoire de cette épopée. Des bobs Cochonou aux maillots en laine, partons à la découverte des trésors que les collectionneurs du Tour de France s’arrachent.
La caravane publicitaire : le royaume du « goodie » vintage
Pour beaucoup, le premier contact avec un objet de collection du Tour, c’est elle. La caravane publicitaire, créée en 1930 pour financer l’épreuve, est un spectacle à part entière. Ce joyeux cortège qui précède les coureurs est une corne d’abondance pour les chasseurs de souvenirs.
- Les objets iconiques : Qui ne connaît pas le bob Cochonou, la casquette PMU, le porte-clés Vittel ou la main verte LCL ? Ces objets, souvent considérés comme de simples « goodies » sur le moment, deviennent avec le temps de véritables marqueurs d’époque. Retrouver un porte-clés Banania des années 60 ou un frisbee « La Vache qui Rit » des années 80, c’est réveiller une part de nostalgie. Les objets les plus recherchés sont ceux des marques emblématiques qui ont marqué l’histoire de la caravane. Les objets en bon état, encore dans leur emballage d’origine pour les plus rares, peuvent voir leur valeur augmenter.
- L’art de la collection : Collectionner les objets de la caravane, c’est s’intéresser aux marques. Mais aussi à l’évolution du design et de la publicité. Certains collectionneurs, appelés « publitouristes », se spécialisent sur une marque (comme St-Michel et ses madeleines) ou un type d’objet (les casquettes, les porte-clés). Les bourses d’échange et les sites de vente en ligne sont les meilleurs endroits pour compléter sa collection. L’astuce est de rechercher des objets qui sortent de l’ordinaire. Comme des séries limitées ou des objets distribués lors d’étapes de montagne spécifiques.
Maillots et équipements : dans la peau des géants de la route
Pour les puristes du cyclisme, la collection la plus noble est celle des maillots et des équipements. Posséder une tunique portée par un coureur ou un maillot vintage d’une équipe disparue, c’est toucher du doigt la légende du Tour.
- Les maillots distinctifs : Le Graal absolu est bien évidemment le Maillot Jaune. Mais ses compagnons, le maillot vert du classement par points (créé en 1953), le maillot à pois de meilleur grimpeur (apparu en 1975) et le maillot blanc de meilleur jeune (1975) sont tout aussi convoités. Pour dater un maillot, il faut s’intéresser à la matière (laine ou acrylique pour les plus anciens, polyester ensuite), aux logos des sponsors et à l’équipementier (Le Coq Sportif, Santini, Nike…).
- Les maillots d’équipes : Les maillots des grandes équipes d’autrefois font rêver les collectionneurs. Bien sûr, Peugeot-Shell, Mercier-Hutchinson (l’équipe de Poulidor), Renault-Gitane (celle de Hinault et Fignon), ou encore l’emblématique maillot Molteni d’Eddy Merckx. La valeur d’un maillot dépend de sa rareté, de l’équipe, du coureur qui lui est associé et de son état. Un maillot dédicacé par un grand champion est une pièce de musée.
- Au-delà du maillot : La collection s’étend aux casquettes de cyclistes (« musettes »), aux bidons (les fameuses « gourdes »), et même aux vélos. Dénicher un vélo de course des années 70 ou 80, avec ses manettes de dérailleur sur le cadre et ses cale-pieds en métal, est une quête passionnante pour les amateurs de belle mécanique.
Le papier, témoin de l’histoire
Avant l’avènement d’internet et de la télévision en continu, le Tour de France se suivait et se racontait sur papier. Ces documents d’époque sont aujourd’hui des sources inestimables d’information et des objets de collection pleins de charme.
- Affiches, programmes et cartes postales : Chaque année, le Tour a son affiche officielle. Les affiches les plus anciennes, des années 30 aux années 60, avec leur style graphique Art déco ou résolument moderniste, sont très recherchées. Elles peuvent peuvent atteindre des sommes importantes. Les programmes officiels, les cartes postales représentant les champions de l’époque, ou encore les cartes du parcours distribuées par les journaux sont autant de témoignages précieux.
- La presse spécialisée : Des générations de passionnés ont dévoré les comptes-rendus du Tour dans les pages de L’Auto (l’ancêtre de L’Équipe et créateur de l’épreuve), Miroir-Sprint ou Miroir du Cyclisme. Collectionner ces magazines, c’est revivre les exploits de Coppi, Anquetil, ou Merckx à travers la plume des plus grands journalistes sportifs. Les numéros spéciaux « Guide du Tour » ou ceux publiés juste après l’arrivée sur les Champs-Élysées sont des pièces de choix.
Les miniatures cyclistes : Le Tour au creux de la main
Qui n’a pas joué, enfant, avec ces petites figurines de coureurs en métal ou en plastique ? Cette tradition, née dans les années 30, a donné naissance à un domaine de collection à part entière. Une collection autour du Tour de France, qui mêle nostalgie de l’enfance et passion du cyclisme.
Les marques comme Salza ou Cofalu ont produit des millions de ces petits coureurs, souvent peints à la main. Les collectionneurs recherchent les équipes complètes, les modèles rares aux couleurs de sponsors oubliés. Plus tard, des marques comme Norev ont produit des véhicules miniatures de la caravane. Ou encore des voitures de directeurs sportifs, permettant de recréer l’univers du Tour à une échelle réduite.
FAQ : Devenir collectionneur du Tour de France
Par quoi commencer une collection sur le Tour de France ?
Le plus simple et le plus amusant est de commencer par les objets de la caravane publicitaire. Ils sont accessibles et très variés. Choisissez une marque que vous aimez ou un type d’objet (les bobs, les porte-clés) et essayez de rassembler différentes années. C’est un excellent moyen de se faire la main.
Comment savoir si un objet du Tour est « vintage » et a de la valeur ?
Plusieurs indices : la marque (certains sponsors n’ont été présents que quelques années), le matériau (le plastique des années 70 n’est pas le même que celui d’aujourd’hui), le style graphique et bien sûr, la rareté. Un objet qui n’a été distribué qu’en petite quantité aura plus de valeur. La meilleure méthode est de fréquenter les bourses de collectionneurs et de consulter les sites spécialisés pour comparer les objets.
Où trouver des objets de collection du Tour de France ?
Les vide-greniers et les brocantes sont des terrains de chasse idéaux pour trouver des trésors à bas prix. Les sites de vente en ligne (comme eBay ou Leboncoin) regorgent d’offres, mais il faut être vigilant. Enfin, les bourses d’échange spécialisées et les salons de collectionneurs existent un peu partout. Ce sont les meilleurs endroits pour rencontrer d’autres passionnés et trouver des pièces rares.
Encore à savoir sur la collection Tour de France
Est-ce une collection qui coûte cher ?
Pas nécessairement ! On peut commencer une très belle collection de « goodies » de la caravane pour quelques dizaines d’euros. En revanche, les pièces rares comme les maillots portés en course, les vélos anciens ou les affiches d’avant-guerre peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. C’est une collection qui s’adapte à tous les budgets.
Comment conserver au mieux sa collection ?
Les objets en papier (affiches, magazines) doivent être protégés de la lumière et de l’humidité. Les textiles (maillots, casquettes) doivent être stockés à plat, dans un endroit sec et aéré. Pour les petits objets, des vitrines ou des boîtes de rangement permettent de les mettre en valeur. Et en même temps tout en les protégeant de la poussière.
Voilà un aperçu de ce monde fascinant qu’est la collection dédiée au Tour de France. J’espère que cet article vous donnera envie de fouiller dans vos greniers. Voire même de partir en quête de ces fragments d’histoire. Chaque objet raconte une étape, un champion, un souvenir d’été.
