Les objets cultes des années 70 que tout le monde avait chez soi

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Ferme les yeux. Tu es dans un salon, quelque part entre 1973 et 1978. La moquette est orange. Il y a un macramé au mur. La télé en noir et blanc grésille dans le coin, et sur la table basse trône un cendrier en verre fumé rempli de tickets de cinéma et de stylos Bic qui n’écrivent plus. Tous ces objets années 70, tu les reconnais. Tu connais cette pièce. Elle était chez ta grand-mère, chez ton oncle, ou dans ta propre enfance si tu as eu la chance de grandir à cette époque bénie.

Les objets années 70 ont ce pouvoir rare : celui de faire remonter une époque entière avec eux, comme un bouchon de liège qu’on tire. Pas besoin d’avoir vécu la décennie pour les reconnaître — ils font partie d’un imaginaire collectif ancré dans la pop culture, les marchés aux puces et les vide-greniers du dimanche matin.

Dans cet article, on va plonger ensemble dans cinq grandes catégories d’objets cultes qui peuplaient les intérieurs français des années 70 : la déco, la musique, la cuisine, les jeux et la mode du quotidien. Avec, à chaque fois, cette question obsédante du collectionneur : est-ce que t’en as gardé un ?


La déco qui en jetait : quand l’orangé régnait en maître

Franchement, il faut avoir du courage pour défendre la déco des années 70 à quelqu’un qui n’a pas grandi dedans. De l’extérieur, ça ressemble à une explosion dans une usine de moutarde et de rouille. Mais de l’intérieur — de l’intérieur —, c’était quelque chose.

Les lampes à lave sont probablement les stars incontestées de cette décennie. Inventées dans les années 60 par un Britannique un peu farfelu nommé Edward Craven Walker, elles ont conquis tous les salons français au fil des années 70, avec leurs globes de cire colorée qui montaient et descendaient dans l’huile minérale comme des méduses hypnotiques. Rouges sur fond orange. Bleues sur fond blanc. On les regardait pendant des heures — c’était notre Netflix à nous.

À côté, le macramé occupait la moindre surface murale disponible. Ces suspensions en corde tressée, parfois agrémentées de bois flotté ou de petites perles en bois, étaient fabriquées à la main par des millions de femmes qui suivaient les cours du soir ou les émissions de bricolage sur FR3. Ce que je préfère dans tout ça, c’est que le macramé est revenu en force depuis 2015 dans les intérieurs hipsters, sans que personne n’assume vraiment d’où ça vient.

Il y avait aussi les meubles en teck scandinave — ces buffets bas aux pieds effilés qu’on trouve encore aujourd’hui chez les brocanteurs pour une somme indécente — et les papiers peints à motifs géométriques en brun et or. Et la moquette. Partout. Dans le salon, dans les chambres, parfois dans la cuisine. Une moquette orange ou bordeaux qui captait la poussière, les odeurs et les secrets de famille avec une efficacité redoutable.

Ces objets vintage années 70 font aujourd’hui l’objet d’une vraie chasse au trésor sur les marchés aux puces et sur les sites de revente. Une lampe à lave en bon état ? Comptez entre 30 et 150 euros selon la taille et la rareté du modèle.


Les vinyles et la chaîne hi-fi : la religion du son

Il y avait quelque chose de presque liturgique dans le rituel. On ouvrait la pochette avec précaution, on soufflait sur le vinyle pour enlever la poussière, on posait le bras de lecture avec une délicatesse de chirurgien. Puis le premier craquement. Puis la musique.

La chaîne hi-fi était l’objet le plus précieux du salon des années 70. Pas un gadget — un meuble. Une déclaration d’intention. Les marques Grundig, Philips et Akai s’arrachaient les budgets des familles françaises, et on ne touchait pas à la platine du père. C’était une règle non écrite, universelle.

Les disques qui tournaient dessus ? ABBA avec Arrival en 1976, Michel Sardou, Claude François, Jacques Brel pour les uns, les Rolling Stones et Led Zeppelin pour les autres. Les 45 tours s’accumulaient dans des pochettes en carton, rangés debout dans des caisses en bois qu’on fabriquait soi-même. Chaque disque raconte une histoire. Chaque rayure aussi.

Entre nous : retrouver un 45 tours de Cloclo en parfait état dans un vide-grenier, c’est l’une des émotions les plus pures que ce hobby peut offrir. Et ça arrive encore, régulièrement, pour quelques centimes.

La cassette audio pointait son nez à la fin de la décennie, avec le Walkman Sony qui débarquait en 1979 comme une petite révolution silencieuse. Mais dans les années 70, c’est encore le vinyle qui régnait. Et honnêtement, il n’a jamais vraiment abdiqué.

Pour les collectionneurs d’objets musicaux rétro, les années 70 représentent un âge d’or : les pochettes d’albums étaient de véritables œuvres d’art, les platines de l’époque sont aujourd’hui très recherchées, et certains pressages originaux peuvent valoir plusieurs centaines d’euros.


La cuisine d’antan : Tupperware, Cocotte-Minute et Moulinex

Ouvre un placard dans une cuisine des années 70 et tu vas recevoir une avalanche de boîtes Tupperware colorées. Vert pistache, jaune citron, orange mandarine. Cette marque américaine avait littéralement colonisé les cuisines françaises grâce à un génie du marketing : les réunions Tupperware à domicile, où une hôtesse invitait ses amies à découvrir les produits autour d’un café. Un réseau de vente pyramidal avant l’heure, porté par des millions de femmes au foyer.

Mais le vrai trône de la cuisine des années 70, c’est la Cocotte-Minute. L’autocuiseur SEB, avec son sifflement caractéristique et sa soupape qui tremblait au-dessus des fourneaux, était l’objet ménager le plus représentatif d’une époque qui croyait au progrès technologique appliqué au quotidien. On faisait tout dedans. Les légumes, les blanquettes, les riz au lait. Et on avait toujours une petite trouille qu’elle explose — ce qui ajoutait un frisson d’aventure au repas du soir.

Le Moulinex complétait le tableau : mixeurs, robots, moulins à légumes en plastique rouge ou blanc. La cuisine s’industrialisait à petite échelle, et chaque nouveau gadget électroménager était un événement. On en parlait à table. On le montrait aux voisins.

Pour les amateurs d’art de vivre rétro, ces objets sont passés du statut d’ustensiles fonctionnels à celui de pièces de collection affectives. Une Cocotte-Minute SEB des années 70 en bon état ? Un classique absolu des brocantes. Et les boîtes Tupperware originales reviennent en force dans les cuisines bohèmes d’aujourd’hui.

Ce que ces objets disent de l’époque, c’est simple : on croyait que la modernité allait rendre la vie plus facile. Spoiler : parfois, oui.


Les jouets et jeux de l’enfance : de Playmobil à l’Atari

  1. Un enfant déballe son cadeau de Noël et découvre ses premiers Playmobil. La marque allemande venait à peine de lancer ses petits personnages trapus aux bras articulés et au sourire permanent — et ça allait devenir une obsession nationale. Ces figurines en plastique jaune et rouge envahissaient les chambres d’enfants avec une efficacité foudroyante, construisant des fermes, des châteaux, des cantines de pompiers.

À côté, Lego n’était pas en reste. Les boîtes des années 70 avec leurs briques colorées et leurs instructions en noir et blanc font aujourd’hui la joie des collectionneurs — certains sets originaux se négocient à des prix astronomiques sur les plateformes spécialisées.

Mais ce qui rendait les années 70 vraiment spéciales pour les jeux, c’était la transition vers l’électronique. En 1977, Atari lançait sa console 2600 aux États-Unis. En France, elle arriva un peu plus tard, mais la déferlante fut identique. Pong sur télé, Space Invaders, Breakout — des pixels carrés qui ouvraient une porte sur un univers nouveau. La console était branchée sur la télé familiale, et toute la famille regardait.

Il ne faut pas oublier non plus les jeux de société qui trônaient dans les armoires : Monopoly, Cluedo, Mastermind — ce dernier, avec ses petits pions colorés à deviner, était l’objet parfait pour une soirée de pluie. Et le Meccano, ces jeux de construction en métal vrai qui t’apprenaient la mécanique par l’erreur et la persévérance.

Ces jouets anciens des années 70 sont aujourd’hui parmi les objets les plus recherchés par les collectionneurs nostalgiques. Un Playmobil en boîte d’origine ? Une vraie pépite.


La mode du quotidien : ce qu’on portait, trimballait et arborait

La mode des années 70 ne se cantonnait pas aux robes à fleurs et aux pattes d’éléphant — même si, oui, les pattes d’éléphant méritent leur propre monument. Ce qui est fascinant, c’est la façon dont cette mode avait envahi les objets du quotidien, pas seulement les vêtements.

Le sac en bandoulière en cuir marron ou en similicuir couleur caramel. La montre à bracelet en plastique translucide. Les lunettes oversize en écaille de tortue portées par tout le monde, de l’institutrice au plombier. Et bien sûr, le jean Levi’s 501 — apparu dans les décennies précédentes mais devenu l’uniforme de toute une génération dans les seventies.

Dans les sacs à main des femmes et les poches des hommes, on trouvait invariablement un briquet Zippo ou un Bic orange, des tickets de métro usés, et souvent une petite radio transistor — ces petits boîtiers portatifs qui permettaient d’écouter RTL ou Europe 1 partout, à la plage, dans le jardin, dans les transports. La radio était le média roi, et la transistor était son temple de poche.

Les affiches de cinéma tapissaient les chambres adolescentes — L’Arnaque, Les Dents de la mer, Star Wars pour les chanceux qui ont vécu 1977. Ces affiches originales, imprimées en offset sur papier glacé, sont aujourd’hui des pièces de collection très prisées dans l’univers du cinéma vintage et memorabilia.

Ce que cette mode dit des années 70, c’est qu’on portait ses goûts sur soi. Littéralement. Chaque objet était une affirmation d’identité, une façon de dire : je suis de mon temps.


Nadine

Journaliste depuis plus de 20 ans, j'ai travaillé pour la presse magazine nationale et régionale (Art&Décoration, Aladin, Le Chineur, Points de vente, etc). Passionnée de vintage, je suis auteur de plusieurs livres comme "Les années flipper", "Les années baby-foot", "Nous les enfants de 1962", "Les dix secrets du champagne", etc). Aujourd'hui je me consacre à Nos Années Vintage.